Eiffage investit dans l’éolien
Eiffel fait coup double avec cette nouvelle unité. Spécialiste de la construction métallique avec des réalisations comme le viaduc de Millau, les ouvrages d'art de la ligne à grande vitesse de l'Est ou encore la couverture acoustique du Théâtre antique d'Orange, il se renforce dans l'éolien et en même temps pallie l'irrégularité de l'activité de son site de Fos-sur-Mer. Celui-ci était voué à la construction de plates-formes offshore et a employé jusqu'à 600 personnes au gré des contrats. Mais il n'a pas livré de plate-forme depuis un an et demi.
La nouvelle usine, qui a nécessité un investissement de moins de 10 millions d'euros et le recrutement de 64 personnes, a signé un contrat de fabrication de 78 mâts sur un an avec l'espagnol Acciona Energia. Ces mâts sont destinés aux marchés français et allemand.
« On n’a pas intérêt à diversifier trop ses clients car il faut standardiser au maximum la production », explique Jacques Huillard. Le site de Fos a été choisi car il est en bord de mer et permet d’acheminer par bateaux ces pièces de 80 mètres de long pesant 80 tonnes.
Eiffel est également implanté en Espagne, où il dispose d’une capacité de production de 300 mâts par an. Celle de Fos pourrait être rapidement doublée.
« Aujourd’hui, il y a pléthore de demandes. Des constructeurs sont prêts à s’engager pour deux ou trois ans car les projets sont tellement nombreux qu’on ne peut pas fournir, et certains projets sont retardés », ajoute Jacques Huillard. Le groupe, qui s’attend à une forte demande dans le domaine offshore, étudie également la possibilité d’une implantation dans le Nord.