Faut-il crier haro sur l'éolien?
Oserait-on dire que l’éolien s’essouffle ? La réponse des marchés, en tout cas, est limpide. Le secteur connaît un rude rappel à la réalité après une phase d’euphorie de 5 ans qui a vu la capacité de production multipliée par 10. La flambée du prix de l’acier a fait augmenter le tarif d’une éolienne de 50 % en 5 ans. Bref, les taux de rendements baissent et les grands opérateurs français, comme EDF Energies Nouvelles, se tournent vers le solaire photovoltaïque.
Pourtant les politiques publiques ont tout fait pour rendre l’éolien séduisant. Depuis plusieurs années, le choix de l’Etat français a été de garantir le prix auquel l’énergie est rachetée par EDF. Ce qui offre un filet de sécurité aux investisseurs – et la mesure s’est révélé efficace puisque la France qui ne comptait aucune éolienne en 1990 abrite aujourd’hui plus de 2300 hélices.
Mais c’est précisément ce système d’incitation par prix garantis qui est remis en cause par les détracteurs de l’éolien. En France, notre énergie électrique, produite par le nucléaire et l’hydraulique, est déjà verte. L’éolien est peut-être une solution pertinente pour l’Allemagne qui possède de nombreux groupes au charbon et qui refuse le nucléaire, mais l’est-il vraiment pour la France ? Les subventions dirigées vers cette filière se chiffreront, d’après l’institut Montaigne, à 100 euros par an et par foyer si les objectifs fixés par le Grenelle de l’environnement sont atteints. Le jeu en vaut-il la chandelle ?
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