COMMUNIQUE DU COLLECTIF DES AVANTS-MONTS
Contre les éoliennes géantes sur les Avant-Monts,
a eu lieu une réunion publique à Prémian samedi dernier, 23 février 2008.
Ce samedi 23 février 2008, les habitants de la vallée du Jaur et des Avant-Monts étaient conviés à une réunion-débat sur le projet d'éoliennes industrielles monté par les communautés de communes de la vallée. Sur la crête des Avant-Monts visible de la plaine... et des flancs du Somail, du Cabaretou, du Caroux, est prévue l'installation de nombreuses éoliennes géantes d'au moins 2 méga-watts et de 110, 120 m de hauteur. Combien ? Selon l'interlocuteur à qui on a affaire, c'est 15 ou 25 ou 50 ou encore 65, mais à coup sûr de quoi modifier sensiblement le paysage. En tout cas, c'est 100 méga-watts !
Plus de 70 personnes sont venues, dont des représentants de l'association voisine "l'Engoulevent", elle-même confrontée, sur le plateau du Somail, à un projet de quelque 35 éoliennes géantes s'étalant de Fraïsse sur Agout au Soulié ! Des gens de toute la vallée, et des hameaux voisins de la Zone de Développement Eolien qui est en projet actuellement.
C'est d'abord Abdon Auberthié, militant de l'association de Ferrières-Camprafaud, qui a eu à lutter déjà contre deux projets sur sa commune, qui a présenté le projet de ZDE (zone de développement éolien) ZDE qui est prévue dans le prolongement des éoliennes de Riols, sur la crête des Avant-Monts, jusqu'au château des Albières, au-dessus d'Olargues et de Berlou. Le problème avec ces machines, ce sont les centaines de tonnes de béton qu'on mettra pour les installer et qu'on n'enlèvera jamais. La loi prévoit aussi le démontage, mais il n'y a eu aucun arrêté ministériel pou y obliger. Elles resteront donc sur place après la fin d'exploitation. Ce paysage, affligeant, continuera donc de s'imposer aux habitants de notre région.
C'est ensuite Alain Bruguier, président de Vent de Colère, association qui en regroupe 445 autres qui lui sont affiliées, qui est intervenu. Il indique que ces associations regroupent 44.000 adhérents.
Il établit la distinction entre l'éolien industriel et l'éolien privé : avec une petite éolienne, des panneaux solaires et un groupe électrogène, loin des réseaux de dsitribution, on est autonome.
On dit que la France est en retard sur les énergies nouvelles ? Au contraire, elle est le meilleur élève européen avec 95 % d'électricité produite sans gaz à effet de serre (GES). L'éolien serait intéressant s'il agissait en période de pic de consommation. C'est rarement le cas. Quand il n'y a pas de vent ou qu'il y en a trop, c'est le thermique qui fait le complément. Or les éoliennes ne sont utiles que 20 % du temps. Pour les 80 % restants, c'est une centrale au gaz qui fonctionnera. Mais EDF est intéressée par les éoliennes qui lui permettent d'exporter de l'électricité. D'exporter aussi des certificats verts, des droits d'émission de GES !
En réalité, la puissance "nominale" de ces machines est très peu exploitée (faute de vent ou par vent trop fort...). Pour la réalité, il faut diviser souvent par dix. Et il ne faut pas oublier qu'EDF paie au fournisseur trois fois le prix moyen pratiqué !
Autres détails qui ont leur importance : les contrats sont de 15 ans non renouvelables. La 16ème année, il n'y a plus de recettes. Les sociétés d'exploitation (dont on ne connaît ni la forme, ni les actionnaires) ne paieront plus ni les loyers aux propriétaires , ni les taxes professionnelles aux communes, ce dont les élus n'ont pas conscience. Sans compter que ces sociétés ne sont nullement obligées à démanteler les installations (coût : 200.000 euros).
Vraiment, l'éolien n'apporte pas vraiment une réponse positive à la diminution des GES. Il faut préférer le solaire les pompes à chaleur, la géothermie. A ce propos, il existe la possibilité dans plusieurs régions de France (dont le Languedoc Roussillon) d'exploiter la géothermie de profondeur (par forage à 2500 m de profondeur où la température est à plus de 200 °, on obtient la possibilité en injectant de l'eau d'obtenir de la vapeur qui fera tourner une turbine). A Soultz-sous-forêts en Alsace, il y a déjà deux unités qui fonctionnent et qui produisent chacune 5 méga-watts.
De nombreuses questions ont été posées par les participants : comment convaincre les gens que les éoliennes ne vont pas remplacer le nucléaire ? Comment admettre qu'un parc régional comme celui du Haut Languedoc veuille en faire installer ? Quelle contradiction ! Comment se fait-il qu'on apprenne les projets si tard ? Il n'y a pas de concertation. C'est aux élus qu'il appartient de faire les projets de zone d'éoliennes. Ils sont appâtés par les cadeaux des entreprises, mais ils oublient les frais de démantèlement qui seront à leur charge. Ils gardent le secret sur les projets.
On observe que dans les endroits où il n'y a pas de protestation, les projets passent. En revanche, il y a bien plus de difficultés là où la population s'organise. On note que de ce fait, 58 % des projets échouent.
En tout état de cause, les maisons sont invendables dans un rayon de 5 km et dans un rayon de 10 km baissent de moitié. Beaucoup de problèmes donc. Pour y parer, on peut se rapprocher de son assureur qui indemnisera pour les recours et adhérer à une association de défense. A ce propos, entre 35 et 40 adhésions ont été prises pour l'association en cours de constitution, ce qui est remarquable.
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